Les régions Centre et Nord de la Côte d’Ivoire subissent de manière croissante les impacts du changement climatique, lesquels se manifestent par la dégradation des systèmes agricoles, forestiers, énergétiques et territoriaux. Ces transformations affectent les moyens de subsistance des populations, accentuent la pression sur les ressources naturelles et compromettent la résilience des écosystèmes locaux.
Face à ces défis, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans la formulation d’un Programmemultisectorielderésilienceclimatiqueetdegestiondurabledesressourcesnaturelles, spécifiquement destiné à renforcer l’adaptation et à promouvoir un développement territorial durable dans ces zones vulnérables. À cet effet, une note conceptuelle est en cours d’élaboration en vue d’être soumise au Fonds Vert pour le Climat (FVC) afin de mobiliser des financements concessionnels au service de la transition climatique du pays .
Dans ce cadre, un atelier national de consultation des parties prenantes s’est tenu le mercredi 10 décembre 2025 à l’hôtel Mövenpick, Abidjan-Plateau. Cet atelier a réuni des représentants des institutions publiques, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, du secteur privé, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les échanges ont permis de recueillir des contributions essentielles pour affiner les priorités du programme, identifier les besoins des communautés et assurer l’alignement avec les stratégies nationales de planification du développement et de lutte contre le changement climatique.
Pour le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), Il revêt un intérêt particulier comme l’a mentionné Mme Odile Sarassoro, Coordonnatrice de Programmes, représentant le Directeur Pays. « Les petitsexploitantsagricolessontvulnérablesà lapauvreté etauchangementclimatique, enparticulierlesfemmesetlesjeunes. Au cœurdecetteinitiative, quiestdegarantirleurinclusion, leurresponsabilisationetleurautonomisationafind’assurerlatransformationdurabledessystèmesdeproduction, lapréservationdel’environnement, unegestiondurabledesressourcesnaturellesetlaréductiondelapauvreté. Entantqu’institutionfinancièreinternationalemandatéepourmobiliserdespartenariatsinnovantsenvuedetransformerleséconomiesrurales, l’intérêt duFIDAestd’autantplusgrandquel’initiativeviseà mettreenplaceunécosystèmedefinancementvertintégré, recourantà desinstrumentsetproduitsfinanciersadaptésauxdéfisenvironnementaux. », a -t-elle éclairé.
Même son de cloche pour l'Institut Mondial pour la Croissance Verte (GGGI), Dr Kouadio Alain au nom de la Représentante Pays a mis en avant les initiatives de l’institution financière en faveur des communautés. Il a invité les parties prenantes à coconstruire ce programme de grande envergure.
Représentant le Ministre Assahoré Konan Jacques, le Directeur de la Coopération Internationale et de la Mobilisation des Financements, (DCIMF) Dr Assamoi Eric Michel a traduit sa reconnaissance aux partenaires impliqués car ils constituent une pièce maitresse à la réussite du programme multisectoriel.
Il par ailleurs indiqué que l’initiative s’aligne dans la mise en œuvre des CDN3.O et les autres politiques gouvernementales en matière de lutte contre les changements climatiques.
« Ce programmes’inscritpleinementdanslesprioritésnationalesencohérenceaveclePlanNationaldeDéveloppement (PND) , leProgrammePaysduFondsVertpourleClimat (FVC),leportefeuillenationaldeprojetsvalidé auniveaunationaletlesorientationsstratégiquesduMINEDDTE. Ilrevêt doncuneimportancecapitalepournotrepayscarilcontribueraà l’atteintedenosdifférentsobjectifsentermededéveloppementetd’actionclimatique », a-t-il expliqué.
Un programme ambitieux et adapté aux nouvelles technologies
Le programme multisectoriel vise à réduire la vulnérabilité des communautés rurales dans une approche innovante combinant les interventions technologiques, organisationnelles, environnementales et financier. Il s’articule autour de quatre composantes principales : l’agriculture climato-intelligente, la restauration et la conservation des forêts, la transition énergétique et la gestion durable des déchets adossée à la promotion de l’économie circulaire.
Il promeut l’introduction de solutions de résilience agricole telles qu’une plateforme numérique agroclimatique, l’irrigation solaire intelligente, des micro-fermes agroécologies, la production de biofertilisants locaux, ainsi que la mise en place de coopératives de services agricoles innovants. Il renforce également les capacités techniques des producteurs et des organisations professionnelles agricoles.
Parallèlement, il propose également une transformation structurelle des chaînes de valeur grâce au développement d’infrastructures post-récolte, de marchés, et d’unités de transformation rurales bas-carbone.
Un autre pilier stratégique du programme est la restauration et la valorisation des écosystèmes forestiers, notamment à travers la restauration communautaire, la création de corridors agroforestiers productifs, le développement de fermes à semences forestières, l’usage de la télédétection, la mise en œuvre de mécanismes de Paiements pour Services Environnementaux (PSE), des contrats communautaires de conservation, plateformes numériques de suivi participatif.
Le programme soutient également une transition énergétique ambitieuse à travers mini-réseaux solaires agro-productifs, les biodigesteurs, les centres énergétiques communautaires, la cuisson propre, la formation de techniciens verts, ainsi que des solutions de stockage intelligent.
La gestion durable des déchets et l’économie circulaire constituent également un axe clé, avec la mise en place de plateformes de compostage, de micro-entreprises de recyclage, de centres de tri intelligents et de mécanismes de gouvernance locale. Enfin, le programme contribue à structurer un écosystème de financement climatique territorial, incluant un Fonds Vert intégré, des instruments financiers innovants (leasing vert, microcrédits climatiques, PSE, assurances indexées), une plateforme numérique de finance climat et un système de MRV climatique et financier.
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